Naples et ses environs

Vendredi 10 février 2006

Ma française préférée arrivant de Paris, et moi de Bologne, nous tentons le pari assez fou de nous retrouver dans... un train, à la hauteur de Rome.

La prise de risques est énorme: il faut que le train de nuit Paris-Rome de mademoiselle arrive à peu près en même temps que le train de jour Bologne-Naples (via Rome) de monsieur, pour que la convergence soit possible. Déjà qu’en Italie, pour qu’un train arrive à l’heure, il faut de la confiance, mais deux trains, il faut un miracle !

Et bien croyez-moi ou non, mais le miracle est arrivé ! Tout se passe comme prévu, et à 12h30, nous débarquons à Naples.

Franchement, l’arrivée dans la gare de Napoli Centrale est pour le moins déconcertante. Il suffit de jeter un coup d’œil au bureau d’informations touristiques pour comprendre où vous êtes arrivés. Une table, une chaise, quelques cartes délavées de la ville, et un vieux monsieur – au demeurant très agréable – remplissent la pièce. Ca doit faire une éternité que l’endroit n’a pas bougé. L’étincelante voiture de police trônant au beau milieu du hall de gare de Napoli Centrale est un peu l'exception qui confirme la règle.


La sortie de la gare réserve aussi bien des surprises. La circulation déjà. Mettre le pied sur l’asphalte napolitain, c’est un peu comme entrer dans une arène où vous seriez le taureau. Pas la peine de préciser que les voitures sont les matadors et qu’il faut les fuir à tout prix. Ici tout élément placé au bord de la route fait partie, au mieux, de la décoration urbaine, au pire, d’une gêne qui les empêche de vous voir à temps.

S’il y a une règle qu’ils ont bien intégrée, la seule, c’est que le plus court chemin entre deux points est la ligne droite. Tant pis si un obstacle – les piétons en l’occurrence – se trouve sur leur passage, c’est à lui de trouver un moyen d’éviter la voiture, et non le contraire. Pour le piéton, il y a une règle d’or : considérer les voitures comme des chiens, c’est-à-dire ne surtout pas en avoir peur, parce que c’est là où les choses se compliquent !

On décide donc de prendre le métro, c’est plus prudent, et certainement plus rapide que les bus, prisonniers de ce chaos de surface. En fait, le métro est un train ici, et, contre toute attente, le service est assez fiable et régulier. Désolé pour les gros préjugés, mais il faut reconnaître qu’ils ne font rien pour les éviter ici. Parfois je me demande même s’ils ne les entretiennent pas ?!!


On arrive à l’auberge jeunesse (j’en parlerai plus bas) en début d’après-midi pour poser les affaires, et on repart en direction du centre historique de la ville pour – enfin – commencer à en découvrir les merveilles.

Alors autant le dire tout de suite, Naples n'est pas une ville "monumentale", au sens où il n’y a pas vraiment de lieux incontournables à visiter, comme le Colisée à Rome, le Dôme à Florence ou la place Saint Marc à Venise. C’est une ville à découvrir petit à petit, en en parcourant un peu au hasard les petites ruelles bordées d'une multitude d'églises (toutes plus baroques les unes que les autres!).




Par contre, tous les clichés du sud de l’Italie sont là : le linge qui pendouille, les voisins qui se hurlent dessus (pardon, qui se parlent) d’un immeuble à l’autre, et les scooters qui se faufilent entre les poubelles qui, au passage, encombrent toutes les rues...


A ce propos, ça leur dirait pas de mettre en place un vrai système de ramassage des ordures ?. Là pour le coup, on se croirait un peu dans le tiers-monde!







Il règne une telle confusion que je ne vous cache pas que ces premières heures de balade sont un peu stressantes. Il faut s’adapter !


Le soir, on est déjà conquis, mais déjà épuisés aussi ! Le retour à l’auberge de jeunesse est donc appréciable. D’ailleurs, à propos de l’auberge de jeunesse, on la conseille. Il s’agit de la seule AJ officielle de Naples, et elle est située à Mergellina, donc un peu excentrée (mais à 400 mètres de la mer, et 10 minutes du centre historique en métro/train). L’accueil est très sympa, et la propreté correcte. Le bruit, comme dans toutes les auberges de jeunesse peut être un problème puisque, outre la boîte de nuit située en contrebas de l’auberge (mais objectivement pas trop gênante), les chambres ne sont séparées que par de fines cloisons, et parfois mêmes que par des blanches de bois!

Mais bon, pour 16€/nuit/personne en dortoir, ou 18 en chambre double (lits superposés, mais vous avez la place de mettre les matelas côte-à-côte par terre !) avec le petit-déj‘ inclus et les draps fournis, faut pas être trop exigeant non plus ! Toutes les infos pour réserver sont sur ce site.

N.B : Le récit de ce voyage est volontairement complété par des informations et des conseils purement touristiques, comme ce qui vient d’être dit sur l’AJ. J’espère que ça ne gênera pas trop la lecture, et j’espère surtout que ça sera utile à quelques-uns !

Samedi 11 février 2006

Je vais justement commencer le récit de cette journée par expliquer LE bon plan par excellence du routard à Naples, pour ne pas que les ruines vous ruinent.

Il s’agit de la ArteCard, une carte assez géniale puisque pour 18€ (si vous avez entre 18 et 25 ans), vous avez accès gratuitement pendant 3 jours à tous les sites, tous les musées, et surtout tous les transports (métros et trains) de la région Campanie (en été, il y a même un voyage en bateau d’offert). Autant vous dire qu’elle est très vite rentabilisée ! Et au-delà des économies, on a vraiment trouvé très appréciable de ne plus avoir à débourser d’argent pour chacune de nos visites (le portefeuille a aussi droit à des vacances non ?).

Alors il existe plein d’autres formules ArteCard, (pour les plus de 25 ans, pour de plus longues durées, etc.). Le mieux, c’est d’aller directement sur le site Campania ArteCard.


Au programme donc aujourd’hui, pour inaugurer notre ArteCard, un bond de 2000 ans en arrière (attention à l’atterrissage !), puisqu’est prévue la visite du célébrissime site de Pompéi.

Tout le monde connait l’histoire extraordinairement dramatique (et oui, tout le paradoxe est là !) de cette ville romaine qui, en 79 de notre ère a été complètement recouverte de cendres par l’éruption du Vésuve, ce qui l’a figée sans la détruire. Une tragédie humaine terrible, certes, mais un témoignage historique unique.




Le Vésuve, maître des lieux.

Le site est immense (prévoir au moins une journée entière), et nous avons la chance de le voir quasiment désert, les touristes n’affluant pas à cette période de l’année. Pour couronner le tout, le temps est magnifique, ce qui permet d’en profiter au mieux… et d’avoir de belles photos ! (je vous rappelle que vous pouvez cliquer dessus pour les agrandir).

Voici le roman photo de notre journée à Pompéi :


Tout d'abord, petite promenade dans les rues de la ville... Mademoiselle, toujours prudente, emprunte les passages piétons surélevés!



On préfère rester sur le trottoir, parce que, à en juger par les traces, la circulation est intense.



Pause café? Le barman Cyrielum, miraculé de la catastrophe, vous servira. "On peut se mettre en terrasse?"



Mais est on n'est pas là pour chômer, alors on commence notre entrainement sportif dans la palestre (ou gymnase).



On continue par un peu de natation. En effet, les piscines sont nombreuses à Pompéi. Plongeon?



Après quoi, la relaxation aux thermes devient indispensable!



A midi, pour reprendre des forces, repas bien sympathique chez Paulus.



L'après-midi est beaucoup plus ludique. On commence par assister à un combat de gladiateurs dans l'amphithéâtre (le plus ancien jamais découvert).



Ensuite on va voir une pièce de théâtre à l'odéon.



Et enfin, on va faire un tour au forum, histoire d'être au courant des derniers potins de la cité.



On n'oublie pas de rendre un petit hommage à ceux dont la mort nous permet de découvrir ces splendeurs.


Mais la fin de journée nous réserve encore bien des surprises, puisque tout au bout de la ville se trouve la Villa des mystères (tout un programme !), incroyablement bien conservée.


Avant de partir, on décide de prendre un peu de hauteur, et de monter sur ce qui semble être une colline surplombant la ville, mais ce qui est en réalité le niveau actuel du sol ! C’est fou de se dire qu’en gravissant ces quelques mètres, on remonte (littéralement !) le temps.





Ah qu'elles sont jolies les ruines de Pom...péi, laï laï laï laï...!!!


Mine de rien, il est déjà 17h, le site ferme dans 1/2h, et on est parmi les derniers touristes encore présents dans la ville.



La vision de Pompéi vide est assez incroyable. Un peu flippante même, car on se sent pas vraiment seuls ! Après quelques déambulations dans des passages normalement fermés au public pour retrouver une sortie, on quitte Pompéi, heureux…


Une pizza délicieuse (Naples est quand même la mère patrie de la pizza, ne l’oublions pas !) conclut cette journée absolument parfaite.

Dimanche 12 février 2006

Comme les ruines d’hier ne nous ont pas rassasiés, on décide de commencer la journée en allant à Herculanum, ville qui a subi un sort un peu différent de Pompéi puisque ce n’est pas les cendres qui l’ont recouverte, mais la boue (regardez un peu l'épaisseur!). D'ailleurs, les fouilles sont paraît-il très difficiles sur ce site, car la matière est très compacte.


Tout cela explique la très bonne conservation des édifices, bien meilleure qu’à Pompéi. Ici, bien que la partie excavée de la ville soit beaucoup plus réduite qu’à Pompéi, il reste généralement le premier étage de chaque maison, c'est vraiment impressionant.









La visite commence par ce qui était l'antique bord de mer (elle est un peu plus loin aujourd'hui). C'est très émouvant, parce que c'est dans ces arcades que les habitants de la ville sont quasiment tous morts en essayant de fuire aux coulées de boue.






La présence des premiers étages est assez incroyable quand on pense que tout ça a 2000 ans...







Certains intérieurs sont quasiment intacts (même les poutres de bois qui encadrent l'oculus sur la photo suivante sont toujours là, c'est dingue!)






Dans une maison, on trouve carrément une cloison intérieure (certainement restaurée, mais bon!)

Ce qu'il y a finalement de plus incroyable à Herculanum, c’est la conservation de nombreux éléments autres que la pierre, détruits à Pompéi par les cendres incandescentes, et conservés par la boue à Herculanum. La majorité des poutres en bois à l'intérieur des maisons, notamment, est encore visible.


Une corde (!!) et les restes d'un lit en bois.














A la différence de Pompéi, on n’imagine pas à Herculanum, on constate…

Et dire que probablement la majorité de la ville antique reste à découvrir…

Sincèrement, on pourrait rester des heures à se promener dans ces maisons, car il y a des détails de partout, mais le site est quand même beaucoup plus petit que Pompéi, et une demi-journée suffit amplement. On part donc vers d’autres merveilles.








La prochaine étape est d’ailleurs, à proprement parler, une mer-veille, puisque c’est… la mer, tout simplement ! Herculanum étant une ville côtière, on décide de se faire un pique-nique au bord de la mer.






L’eau est d’une limpidité incroyable.


Ensuite on repart passer l'après-midi à Naples (le centre n'est qu'à 1/4 d'heure de train d'Herculanum).

Le moins qu'on puisse dire, c'est que dans certains endroits il flotte comme une impression de déjà vu...


La galerie Umberto 1° (photo de gauche), par exemple, est une copie quasiment conforme de la galerie Vittorio Emanuele 2° de Milan (photo de droite, prise en août 2005).

En fait, elles ont été construites à moins de 10 ans d'intervalle: 1877 à Milan, sous le roi... Victor Emmanuel 2, et 1884 à Naples, sous le roi... Umberto 1!





Dans cet autre exemple, la copie est plus complexe:


Allez à Rome. Prenez-y les colonnades de la place St Pierre (photo de gauche, prise en décembre 2004), et ajoutez-y, au centre, une copie du panthéon (photo de droite, prise en juillet 2005), et vous obtiendrez...

La place du plébiscite de Naples!




On continue notre balade, et on tombe sur les deux châteaux de Naples:


Le château Neuf (à gauche) et le château de l'Oeuf (à droite, photo prise un peu plus tard!). Franchement, faut le vouloir pour appeler deux châteaux côte-à-côte de manière aussi identique...



A gauche, la fontaine de l'Immacolatella, édifiée entre autre par le Bernin, avec au fond, le Vésuve. A droite, un petit port de plaisance, avec aussi le Vésuve en fond.


En fin d'après-midi, on part à l’assaut du musée archéologique. Vanté par tous les guides pour les incroyables richesses qu’il contiendrait, on a plutôt été déçus.

Seul le cabinet secret, cette pièce regroupant toutes les fresques érotiques (voire carrément pornos) retrouvées principalement dans les maisons closes de Pompéi et Herculanum, mérite le détour.







La journée s’achève donc, tout comme nous d’ailleurs qui sommes achevés par tant de marche et de visites!

La nuit est donc la bienvenue !

Lundi 13 février 2006

Aujourd’hui, c'est le dernier jour de validité de notre ArteCard. On décide d’en profiter jusqu'au bout et d’aller jusqu’à Paestum, dans le sud de la Campanie.

Là encore, ce sont des ruines qui nous attendent, mais pour le coup, le bond en arrière est encore plus important qu’à Pompéi et Herculanum, puisque nous voilà plongés à l’époque où les grecs avaient des colonies dans le sud de l’Italie, c’est-à-dire vers les années - 500 (même si la ville est devenue par la suite romaine).

Qui dit Grèce antique dit forcément… (n’ayez pas l’esprit mal tourné, svp…)… temples grecs ! Paestum en contient trois, incroyablement bien conservés. En ce qui me concerne, c’étaient mes premiers temples grecs (séquence émotion donc).

Il y a d'abord le temple de Cerere, construit aux alentours de - 500, c'est le plus petit des trois temples de Paestum.






Ensuite, le temple le plus grand et le mieux conservé du site est celui de Neptune, datant de - 450.





Enfin, le temple le plus ancien du site est celui dédié à Hera. Il date de - 530.





Ce qu’on a particulièrement apprécié à Paestum, c’est que ces temples, et les ruines qui sont autour, sont véritablement perdus au milieu de nulle part. L’arrivée en train est d’ailleurs assez surprenante, parce que la gare semble avoir été construite par erreur dans une zone inhabitée !




Mais il est déjà l'heure de reprendre la route (romaine) pour repartir. Il faut bien faire attention de ne pas marcher sur les canalisations antiques! (photo de droite)


Avant de monter dans le train, on fait un passage express au petit musée de Paestum (petit mais magnifique, on y serait bien resté plus longtemps). Le trésor de ce musée est cette tombe, dite, vous vous en doutez, du "plongeur" (tomba del tuffatore).










Changement radical d'ambiance l'après-midi, puisqu'on part découvrir la fameuse côte amalfitaine. Alors évidemment, on se fait pas toute la côte (dessinée en noir sur le plan ci-dessous), mais on prend un bus entre Vietri sul Mare (vers Salerne), et Amalfi.

Vietri sul Mare est une halte imprévue, puisqu'on doit attendre là une heure qu'un bus veuille bien passer pour nous emmener à Amalfi. Qu'à cela ne tienne, on se balade dans ce petit village charmant, perché à flanc de falaise, comme tous les autres villages de la côte amalfitaine.

Vous ne pouvez pas louper la spécialité de Vietri, la céramique, car vous en voyez de partout: dans les magasins, sur les murs, par terre...




Il y a même un magasin-musée de la céramique d'un goût franchement douteux! (photo de gauche) Heureusement, la beauté de la mer est là pour rattraper tout ça...


On réussit finalement à prendre notre bus, et commence alors un périple d'une heure environ sur la route côtière. C'est magnifique pour les yeux, mais dangereux pour l'estomac! (à tel point que je n'ai pas pu prendre de photos!).

Toute la côte est bordée de citronniers, servant à préparer la célèbre boisson locale: le limoncello. Et on passe dans une dizaine de petits villages qu'il faudrait tous visiter...

On finit par arriver à Amalfi à 17h. Là, comme ce matin à Paestum, on se retrouve plongés en Grèce. Sauf que là, c'est de la Grèce bien actuelle dont il s'agit.

Amalfi est absolument magnifique. Il y a des petites ruelles très étroites qui serpentent dans la ville, et parfois même sous la ville, quand les ruelles deviennent couvertes.


Le dôme d'Amalfi est superbe. Imaginez qu'à l'origine, l'intérieur était comme la façade, et qu'ils ont tout "baroquisé" au 17ème, en recouvrant les murs de blanc!



On profite que la ville soit remplie de petits commerçants pour faire nos courses. Ca se sent qu'Amalfi est une ville touristique: il y a des hôtels et des restaurants de partout! L'été, la ville blanche doit devenir noire de monde...


A cette période de l'année, le problème quand la nuit tombe, c'est que le froid tombe avec! Donc on décide de rentrer vers 19h, pour aller manger notre désormais traditionnelle pizza.

Encore une journée très réussie...

Mardi 14 février 2006

Petit cafouillage ce matin pour notre dernière journée napolitaine. On voudrait tout voir!
On décide finalement de rester dans Naples, et de prendre un peu hauteur en montant à la certosa de San Martino, cet ancien monastère aujourd'hui reconverti en musée.

La montée est raide! On la sent d'autant plus passer qu'on a quatre jours de marche dans les pattes, et toutes nos affaires sur le dos...



Mais le jeu en vaut vraiment la chandelle. D'en haut, la vue est superbe.



La galerie Umberto 1° et la place du plébiscite sont finalement bien plus belles vues du ciel!


A l'intérieur de la certosa, se trouvent donc un musée (sur l'histoire de Naples), et deux cloîtres très mignons.


Mais le joyau des lieux réside est la terrasse. Il faisait bon être moine quand même!





Pour terminer, après être redescendus de la certosa, on va faire un tour dans le château de l'oeuf, en bord de mer.

La terrasse, et la mer vue de cette même terrasse.

Et voilà! Il faut partir!


Et oui, toutes les bonnes choses ont une fin. Notre train est à 17h30, pour une arrivée théorique ET effective (incroyable!) à Bologne à 22h30.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’une bonne étoile, en l’occurrence le soleil, aura veillé sur nous pendant ces cinq jours: nous sommes rentrés tout bronzés !

On en a profité au maximum, mais on n'a pas pu tout voir. Donc c'est sûr... on reviendra!

Ita-liens...

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